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Author: Nathalie Duplain

Sur les pas d’Athéna à Londres

Sur les pas d’Athéna à Londres

Le rayonnement des divinités gréco-romaines est tel qu’on peut les rencontrer encore de nos jours. Et c’est bien ce qui m’est arrivé lors d’un récent voyage à Londres. En visitant le British Museum, j’ai (re)vu avec émotion une partie du décor sculpté du Parthénon. La présence d’une partie de la frise, des métopes et des frontons dans la capitale britannique mérite quelques explications. 

Salle Elgin, British Museum, Londres
Salle Elgin, British Museum, Londres

Pour honorer sa déesse tutélaire et manifester sa puissance, la ville d’Athènes, à l’instigation de Périclès, fait construire le Parthénon. Ses architectes sont Ictinos et Callicratès. Quant aux sculpteur Phidias, il est à la fois le maître d’œuvre et le responsable du programme sculpté. Les travaux démarrent en 447 av. J.-C. et se terminent en 432 av. J.-C. Le temple fut toutefois dédicacé officiellement en 438 av. J.-C. avec l’installation de la statue chryséléphantine d’Athéna. 

Le temple d’Athéna a été transformé en église entre le 6ème et le 10ème siècle et puis, au milieu du 15ème, avec la conquête ottomane, il devient une mosquée. Malgré plusieurs transformations, le temple est relativement bien conservé. À la fin du 17ème siècle, les Vénitiens attaquent la ville d’Athènes. Les Ottomans se replient sur l’Acropole et transforme le naos du Parthénon (la partie fermée du temple) comme poudrière. Malheureusement un tir de mortier touche le bâtiment qui explose. L’explosion provoque de graves dommages : le toit et les murs s’effondrent, ainsi qu’une vingtaine de colonnes. Le décor sculpté est également endommagé. 

Le Parthénon en 1821 (Dodwell)
Le Parthénon en 1821 (Dodwell)

Au 18ème siècle, les européens peuvent enfin séjourner à Athènes et y étudier les vestiges antiques, grâce à une amélioration des relations avec la Sublime Porte. Plusieurs plans, dessins et peintures sont réalisés.

Au début du 19ème siècle, Lord Elgin est nommé ambassadeur de l’Angleterre auprès de la Sublime Porte. Il a pour objectif de mouler et dessiner les vestiges de la civilisation grecque et notamment de l’Acropole. Grâce à un accord avec les ottomans sujet à interprétation, il parvient à faire « désolidariser » une partie du décor sculpté du Parthénon et à l’envoyer à Londres. Il les a vendues au British Museum qui leur dédie une salle entière.

« West Front of the Parthenon », from Views in Greece, by Edward Dodwell, London, 1821

On trouve trois plaques des frises au Louvre. Les autres sont restées à Athènes et se trouvent au musée de l’Acropole où elles attendent le reste du décor sculpté. En effet, la Grèce réclame le retour du décor sculpté du Parthénon depuis très longtemps. Elle a même réservé une place pour l’ensemble de la frise dans le nouveau musée de l’Acropole, construit par les architectes suisse Bernard Tschumi et grec Michael Photiadis, et ouvert en 2009. Mais le Royaume-Uni fait la sourde oreille. Il faut dire que les collections des musées font souvent l’objet de polémique et certaines œuvres sont parfois rendues à leur pays d’origine ou leur propriétaire légitime. En ce qui concerne les objets archéologiques, l’UNESCO a décidé que tout ce qui est acquis avant 1970 ne doit pas être restitué. En revanche, les objets acquis après cette date doivent être rendus s’il est avéré qu’ils ont été acquis frauduleusement, par exemple à la suite de fouilles clandestines. Ainsi la chance de revoir les marbres d’Elgin retourner à Athènes est assez mince. 

La frise du Parthénon a été sculptée par plusieurs artistes, sous la direction de Phidias. Elle entoure la partie fermée du temple (sekos) et elle mesure près de 160 mètres de long. On y dénombre plus de 300 figures humaines ainsi plus de 200 animaux. Selon l’interprétation la plus courante, elle représente la procession du péplos lors des grandes Panathénées.

La fête annuelle des Panathénées, consacrée à Athéna, avait lieu pendant deuxième moitié du mois de juillet du calendrier actuel. Tous les quatre ans, la fête durait plus longtemps et donnait lieu à des concours dits panathénaïques. On parle alors des Grandes Panathénées. Lors des Grandes Panathénées, la cité d’Athènes offrait à sa déesse un péplos. Le vêtement avait été tissé au cours de l’année par des femmes appelées les Ergastines. Le vêtement est apporté sur l’Acropole lors d’une procession solennelle et ensuite, il orne la statue d’Athéna Poliade.

Scène du péplum, Salle Elgin, British Museum, Londres
Scène du péplum, Salle Elgin, British Museum, Londres

Un autre élément du décor sculpté du Parthénon montrait la naissance d’Athéna, qui sort armée et casquée de la tête de Zeus. La partie centrale est perdue, sans doute depuis la transformation du temple en église. Les sculptures des parties latérales sont encore présentes. Ainsi la naissance de la déesse est entourée du char d’Hélios, le soleil, qui arrive et du char de Séléné, la lune, qui s’en va.

Cheval du char de Sélénè.
Cheval du char de Sélénè.

Mythologie romancée

Mythologie romancée

À la suite de l’annulation de l’atelier Mythologie de février consacré à Athéna, et qui sera reprogrammé prochainement, je vous fais une proposition de lecture qui vous permettra tout de même de vous évader dans l’univers fascinant de la mythologie grecque. 

Madeline Miller, née en 1978, est une écrivaine américaine. Elle a étudié le grec et le latin et elle est devenue enseignante de latin dans l’enseignement secondaire. En 2011, elle publie son premier roman, Le Chant d’Achille, qui remporte le Baileys Women Prize for Fiction. Dans ce livre, Madeline Miller retrace l’histoire d’Achille en prenant le point de vue de Patrocle. 

Pierre Mignard  (1612–1695), Catherine Thérèse de Goyon de Matignon-Thorigny (1662-1699) en Thétis avec ses fils en Achille et en Cupidon, 1691, National Gallery, Londres (Wikimedia Commons)
Pierre Mignard (1612–1695), Catherine Thérèse de Goyon de Matignon-Thorigny (1662-1699) en Thétis avec ses fils en Achille et en Cupidon, 1691, National Gallery, Londres (Wikimedia Commons)

En 2018 paraît le second roman de Madeline Miller, Circé. On quitte le monde des héros pour celui des divinités et de leurs intrigues. Circé naît d’une des innombrables filles de l’Océan et d’Hélios, le Soleil. Divinité immortelle insignifiante, elle devient une magicienne puissante. Elle éprouve aussi une attirance profonde pour les humains. 

Une websérie sur HBO basée sur le roman Circé est annoncée. 

J W Waterhouse (1849 – 1917) Circe Invidiosa, 1892, Art Gallery of South Australia, Adelaide (Wikimedia Commons)
J W Waterhouse (1849 – 1917) Circe Invidiosa, 1892, Art Gallery of South Australia, Adelaide (Wikimedia Commons)

Madeline Miller réussit le tour de force de rendre palpitante la lecture d’un livre dont on connaît déjà l’histoire. Si dans Le Chant d’Achille, l’autrice suit relativement fidèlement la tradition mythologie et Homère, elle parvient, dans Circé, à agencer avec brio des épisodes connus par des sources éparses. En plus d’être une narratrice hors pair, l’autrice nous amène à réfléchir de manière profonde sur le sens de l’existence. 

Nathalie Duplain

Lecture « Jeunes écrivaines»

Lecture « Jeunes écrivaines»

Dans le cadre des manifestations du 100e anniversaire du Lyceum Club de Neuchâtel

avec Sarah Benninghoff et Giulietta Mottini,
étudiantes à l’Institut littéraire suisse de Bienne

4 novembre 2021, à 19h30, Beaux-Arts 11, 2000 Neuchâtel

Sarah Marie Benninghoff, née en 1998, est entrée à l’Institut littéraire suisse en septembre 2017. À son intérêt pour la littérature s’ajoute celui pour la danse. Elle prend part à divers projets explorant l’alliage de ces deux arts dans « la compagnie à corps battant ».  

Giulietta Mottini, née en 1994, a fait des études de droit avant d’entrer à l’Institut littéraire suisse en septembre 2018 et s’installer à Bienne. En plus de son amour pour l’écriture, elle entretient une grande curiosité pour la philosophie et le voyage.

Informations pratiques

Inscriptions obligatoire jusqu’au lundi 1er novembre 2021 https://forms.gle/QmmXSpKQVENiPH4F8.

Un certificat Covid sera demandé à l’entrée.

Prix des billets en présentiel
Entrée : Adultes : CHF 15.-, Lycéennes : CHF 10.-, Jeunes en formation : entrée gratuite

Apéritif offert par le Lyceum.

CONFERENCE 21 OCTOBRE 2021

CONFERENCE 21 OCTOBRE 2021

Les réseaux sociaux

le 21 octobre 2021 19h30 au local du Lyceum ou en ligne

par Rosalyne Marie Reber

Facebook, Twitter, Instagram, mais aussi TikTok et Snapchat occupent de plus en plus de place dans le paysage médiatique. Chacun de ces canaux a des codes qui lui sont propres. Il est important d’apprendre à les décrypter, mais également à saisir les avantages qu’ils peuvent apporter au développement d’associations comme la nôtre. La conférencière, Rosalyne 

Marie Reber est experte dans le domaine du numérique, de l’innovation et de la durabilité. Elle a également écrit un livre sur le leadership féminin. 

Formulaire d’inscription

Un certificat Covid sera demandé à l’entrée.

Prix des billets en présentiel
Adultes : CHF 15.- Lycéennes : CHF 10.- Jeunes en formation : entrée gratuite

Apéritif offert par le Lyceum.