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Category: Lettres et sciences humaines

Sur les pas d’Athéna à Londres

Sur les pas d’Athéna à Londres

Le rayonnement des divinités gréco-romaines est tel qu’on peut les rencontrer encore de nos jours. Et c’est bien ce qui m’est arrivé lors d’un récent voyage à Londres. En visitant le British Museum, j’ai (re)vu avec émotion une partie du décor sculpté du Parthénon. La présence d’une partie de la frise, des métopes et des frontons dans la capitale britannique mérite quelques explications. 

Salle Elgin, British Museum, Londres
Salle Elgin, British Museum, Londres

Pour honorer sa déesse tutélaire et manifester sa puissance, la ville d’Athènes, à l’instigation de Périclès, fait construire le Parthénon. Ses architectes sont Ictinos et Callicratès. Quant aux sculpteur Phidias, il est à la fois le maître d’œuvre et le responsable du programme sculpté. Les travaux démarrent en 447 av. J.-C. et se terminent en 432 av. J.-C. Le temple fut toutefois dédicacé officiellement en 438 av. J.-C. avec l’installation de la statue chryséléphantine d’Athéna. 

Le temple d’Athéna a été transformé en église entre le 6ème et le 10ème siècle et puis, au milieu du 15ème, avec la conquête ottomane, il devient une mosquée. Malgré plusieurs transformations, le temple est relativement bien conservé. À la fin du 17ème siècle, les Vénitiens attaquent la ville d’Athènes. Les Ottomans se replient sur l’Acropole et transforme le naos du Parthénon (la partie fermée du temple) comme poudrière. Malheureusement un tir de mortier touche le bâtiment qui explose. L’explosion provoque de graves dommages : le toit et les murs s’effondrent, ainsi qu’une vingtaine de colonnes. Le décor sculpté est également endommagé. 

Le Parthénon en 1821 (Dodwell)
Le Parthénon en 1821 (Dodwell)

Au 18ème siècle, les européens peuvent enfin séjourner à Athènes et y étudier les vestiges antiques, grâce à une amélioration des relations avec la Sublime Porte. Plusieurs plans, dessins et peintures sont réalisés.

Au début du 19ème siècle, Lord Elgin est nommé ambassadeur de l’Angleterre auprès de la Sublime Porte. Il a pour objectif de mouler et dessiner les vestiges de la civilisation grecque et notamment de l’Acropole. Grâce à un accord avec les ottomans sujet à interprétation, il parvient à faire « désolidariser » une partie du décor sculpté du Parthénon et à l’envoyer à Londres. Il les a vendues au British Museum qui leur dédie une salle entière.

« West Front of the Parthenon », from Views in Greece, by Edward Dodwell, London, 1821

On trouve trois plaques des frises au Louvre. Les autres sont restées à Athènes et se trouvent au musée de l’Acropole où elles attendent le reste du décor sculpté. En effet, la Grèce réclame le retour du décor sculpté du Parthénon depuis très longtemps. Elle a même réservé une place pour l’ensemble de la frise dans le nouveau musée de l’Acropole, construit par les architectes suisse Bernard Tschumi et grec Michael Photiadis, et ouvert en 2009. Mais le Royaume-Uni fait la sourde oreille. Il faut dire que les collections des musées font souvent l’objet de polémique et certaines œuvres sont parfois rendues à leur pays d’origine ou leur propriétaire légitime. En ce qui concerne les objets archéologiques, l’UNESCO a décidé que tout ce qui est acquis avant 1970 ne doit pas être restitué. En revanche, les objets acquis après cette date doivent être rendus s’il est avéré qu’ils ont été acquis frauduleusement, par exemple à la suite de fouilles clandestines. Ainsi la chance de revoir les marbres d’Elgin retourner à Athènes est assez mince. 

La frise du Parthénon a été sculptée par plusieurs artistes, sous la direction de Phidias. Elle entoure la partie fermée du temple (sekos) et elle mesure près de 160 mètres de long. On y dénombre plus de 300 figures humaines ainsi plus de 200 animaux. Selon l’interprétation la plus courante, elle représente la procession du péplos lors des grandes Panathénées.

La fête annuelle des Panathénées, consacrée à Athéna, avait lieu pendant deuxième moitié du mois de juillet du calendrier actuel. Tous les quatre ans, la fête durait plus longtemps et donnait lieu à des concours dits panathénaïques. On parle alors des Grandes Panathénées. Lors des Grandes Panathénées, la cité d’Athènes offrait à sa déesse un péplos. Le vêtement avait été tissé au cours de l’année par des femmes appelées les Ergastines. Le vêtement est apporté sur l’Acropole lors d’une procession solennelle et ensuite, il orne la statue d’Athéna Poliade.

Scène du péplum, Salle Elgin, British Museum, Londres
Scène du péplum, Salle Elgin, British Museum, Londres

Un autre élément du décor sculpté du Parthénon montrait la naissance d’Athéna, qui sort armée et casquée de la tête de Zeus. La partie centrale est perdue, sans doute depuis la transformation du temple en église. Les sculptures des parties latérales sont encore présentes. Ainsi la naissance de la déesse est entourée du char d’Hélios, le soleil, qui arrive et du char de Séléné, la lune, qui s’en va.

Cheval du char de Sélénè.
Cheval du char de Sélénè.

Mythologie romancée

Mythologie romancée

À la suite de l’annulation de l’atelier Mythologie de février consacré à Athéna, et qui sera reprogrammé prochainement, je vous fais une proposition de lecture qui vous permettra tout de même de vous évader dans l’univers fascinant de la mythologie grecque. 

Madeline Miller, née en 1978, est une écrivaine américaine. Elle a étudié le grec et le latin et elle est devenue enseignante de latin dans l’enseignement secondaire. En 2011, elle publie son premier roman, Le Chant d’Achille, qui remporte le Baileys Women Prize for Fiction. Dans ce livre, Madeline Miller retrace l’histoire d’Achille en prenant le point de vue de Patrocle. 

Pierre Mignard  (1612–1695), Catherine Thérèse de Goyon de Matignon-Thorigny (1662-1699) en Thétis avec ses fils en Achille et en Cupidon, 1691, National Gallery, Londres (Wikimedia Commons)
Pierre Mignard (1612–1695), Catherine Thérèse de Goyon de Matignon-Thorigny (1662-1699) en Thétis avec ses fils en Achille et en Cupidon, 1691, National Gallery, Londres (Wikimedia Commons)

En 2018 paraît le second roman de Madeline Miller, Circé. On quitte le monde des héros pour celui des divinités et de leurs intrigues. Circé naît d’une des innombrables filles de l’Océan et d’Hélios, le Soleil. Divinité immortelle insignifiante, elle devient une magicienne puissante. Elle éprouve aussi une attirance profonde pour les humains. 

Une websérie sur HBO basée sur le roman Circé est annoncée. 

J W Waterhouse (1849 – 1917) Circe Invidiosa, 1892, Art Gallery of South Australia, Adelaide (Wikimedia Commons)
J W Waterhouse (1849 – 1917) Circe Invidiosa, 1892, Art Gallery of South Australia, Adelaide (Wikimedia Commons)

Madeline Miller réussit le tour de force de rendre palpitante la lecture d’un livre dont on connaît déjà l’histoire. Si dans Le Chant d’Achille, l’autrice suit relativement fidèlement la tradition mythologie et Homère, elle parvient, dans Circé, à agencer avec brio des épisodes connus par des sources éparses. En plus d’être une narratrice hors pair, l’autrice nous amène à réfléchir de manière profonde sur le sens de l’existence. 

Nathalie Duplain

Lettres et Sciences humaines 2

Lettres et Sciences humaines 2

Contes en ligne

Nathalie D

La pandémie qui sévit actuellement a de lourdes conséquences sur les événements culturels. Il n’est plus possible d’assister à une représentation théâtrale ou à un concert. Même les conteuses et les conteurs, qui s’adressent habituellement à de petits auditoires, ne peuvent plus pratiquer leur art en salle. Un Noël sans contes est cependant difficilement concevable. La période des fêtes est en effet la plus propice à l’organisation de spectacles de contes. Par bonheur, les nouvelles technologies permettront cette année aux enfants et à celles et ceux qui ont conservé leur âme d’enfant de vivre tout de même la magie des contes de Noël. Il faut dire que plusieurs conteuses et conteurs ont tenté l’aventure en ligne pendant le confinement du mois de mars. Grâce à ces expériences, la caméra se laisse apprivoiser.

Association des conteuses et conteurs du Jura

L’Association des conteuses et conteurs du Jura lance, dès le 1er décembre, un calendrier de l’Avent conté. Chaque jour, le public pourra découvrir une nouvelle histoire sur le site Web de l’Association ou sur sa page Facebook.

Site Web de l’Association des conteuses et conteurs du Jura

https://ju-racont.art

Page Facebook de l’Association des conteuses et conteurs du Jura

https://www.facebook.com/contesjura/

Vidéo de lancement

Avec l’aimable autorisation de Nathalie Duplain

Bô Noël

Bô Noël, le marché de Noël de la ville de Lausanne, organisait chaque année un lieu où petits et grands pouvaient écouter des histoires. Des membres de l’Arbre à contes, association des conteuses et conteurs romands, se relayaient de mi-novembre à fin décembre pour enchanter petits et grands. Malgré la situation sanitaire, Bô Noël n’a pas voulu renoncer à cette offre très appréciée du public. Cette année, six conteuses provenant de six cantons romands se sont rendues, chacune à leur tour, dans un petit village agricole près de Payerne. Une équipe restreinte les a filmées dans un studio dans lequel un décor de Noël avait été aménagé. Chaque mercredi après-midi, entre le 25 novembre et le 30 décembre, deux contes seront dévoilés sur le site Web de Bô Noël.

Site Web Bô Noël

https://bo-noel.ch/les-contes-pour-enfants/
Lettres et Sciences Humaines 1

Lettres et Sciences Humaines 1

Les musées ont rouvert leurs portes le 11 mai. Notre section Lettres et Sciences Humaines avait programmé pour le 12 mai une visite guidée de l’exposition « Le mal du voyage » au Musée d’Ethnographie. Si les visiteurs sont les bienvenus, les visites guidées n’ont malheureusement pas lieu actuellement. Mais ce n’est que partie remise, une autre date de cet événement sera fixée ultérieurement.

Et si dans l’intervalle, à défaut d’en apprendre plus sur « Le mal du voyage », nous parlions du « virus du voyageur » ? Une chose est claire, ce n’est pas une maladie « mortelle ». Vous en connaissez peut-être vous-même les symptômes :
C’est cette sensation de liberté accrue à chaque voyage, à chaque découverte. Ce ressenti d’un manque, d’un besoin viscéral de bouger. Un sentiment qui diffère de celui d’une personne qui aime simplement voyager.

C’est ressentir cette fébrilité immédiate au contact de l’ambiance à l’entrée de l’aéroport. La certitude de prendre l’avion comme on prend le bus. Être physiquement là mais l’esprit déjà ailleurs. L’appel du large, de la nouveauté, la soif de découvrir et de nous découvrir.

C’est jouir, dès que l’avion décolle, de tout ce qui se présente à nos yeux d’incroyablement beau et de grand à travers le hublot. La vue d’en haut est un pur moment de magie.

C’est rencontrer d’autres voyageurs, des personnes de cultures différentes, s’émerveiller devant des paysages différents et sentir des odeurs différentes de chez nous. C’est photographier des endroits insolites, s’arrêter, sourire et remercier la vie.

Être porteur du « virus du voyageur », c’est aussi se sentir en vie !

Isabelle G.